M..ou-Lin_Ho

M..ou-Lin_Ho










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# Posté le dimanche 03 août 2008 12:20

Modifié le jeudi 09 avril 2009 09:32

__Make me Smile

__Make me Smile
Chaque jour d'avantage
Je pense de plus en plus à toi
Et j'implore le ciel et les nuages
De te garder près de moi
Pour que l'on puisse vivre
Ensemble toi et moi
De cet amour qui nous ennivre
Du coeur jusqu'au bout des doigts.

J'ai tellement besoin de sentir
Ta présence auprès de moi
Celle qu'à jamais je désire
Pouvoir te serrer dans mes bras
Je t'en prie, restes pour toujours à mes côtés
Je serais perdue si tu n'étais plus là
J'ai encore besoin d'être aimée
Pas par n'importe qui, juste par toi





Si tu savais ...
Si tu savais comme il m'en faut peu.







Je t'aime tant.

# Posté le dimanche 03 août 2008 12:25

Modifié le jeudi 09 avril 2009 10:31

Hommage à une Réussite.

Hommage à une Réussite.
Le mal peut faire du bien.


Ce matin là, alors qu'elle venait de passer une nuit terrifiante, Thania se réveilla en sueurs. Elle avait mal. Elle ne savait pas où, ni pourquoi mais la douleur allait grandissante, de plus en plus intense, comme si elle voulait ne faire qu'un avec la jeune femme. Thania se retourna brusquement, presque machinalement, mais son lit était vide. Tout à coup, elle se mit à crier de toutes ses forces, attrapa le couteau posé sur sa table de chevet et commença son rituel, tailladant son maigre poignet de symboles incompréhensibles. Son bras, recouvert de sang, tremblait sous sa paume froide. Elle avait mal mais cette douleur l'apaisait. Elle avait mal mais ne pouvait s'en empêcher. Elle avait en elle cette douleur que l'on cache au reste du monde, enfouie au plus profond de son être. Oui, Thania souffrait et personne ne le voyait. Elle était seule, seule depuis la mort de son mari décédé au milieu des flammes. Elle l'aimait, l'aimait tellement. Il était tout pour elle. Elle n'avait jamais aimé qui que ce soit d'autre. Elle avait une profonde aversion pour le genre humain, qui la haïssait tout autant, mais lui était spécial. Elle passait ses journées seule, enfermée dans son appartement noir et blanc, pensant à ce qu'aurait pu être sa vie s'il était toujours là, et à ce qu'elle aurait fait à cet instant précis. Elle pensait à lui jusque dans ses nuits si tourmentées où elle s'inventait une autre vie, dans un autre monde, à ses côtés. Et tous les matins à son réveil, elle s'inscrivait à même la peau des signes abscons scellant son désir de retrouver son amour de toujours. Lorsqu'elle se mutilait, cela avait un sens pour elle, ces marques représentaient quelque chose à ses yeux, seulement, elles perdaient toute signification au fur et à mesure que les minutes défilaient.

Parfois, il lui arrivait de sortir faire quelques courses, et c'était toujours la même rengaine. Elle se rendait chez l'épicier du coin, un homme très aimable, qui lui demandait chaque fois :
« Bonjour, vous allez bien aujourd'hui ? Allons donc quand aurais-je un petit sourire de votre
part !?! »
Mais elle ne répondait pas, jugeant inutile de perdre son temps à bavasser. Puis elle allait à la pharmacie pour acheter deux ou trois boîtes de somnifères, de l'alcool à quatre-vingt dix degrés et quelques bandages. Enfin, pour terminer sa sortie quasi-mensuelle, elle se rendait chez son éditeur pour lui remettre ses dernières productions. Elle appréciait énormément son emploi. Par l'écriture, elle arrivait à dégager une partie de sa colère, c'était sa thérapie à elle, son unique moyen de transmettre les pensées qui la hantaient mais qu'elle ne pouvait partager avec quiconque tant elle détestait le monde qui l'entourait. Lorsque M. Baptiste, son éditeur, l'avait engagé, il lui avait demandé pourquoi elle aimait écrire et elle lui avait répondu :
« L'écriture est un exutoire. De plus, ce poste me permettrait de passer le restant de mes jours dans mon appartement, sans avoir à faire preuve de la moindre politesse à l'égard de ceux que l'on appellerait mes collègues. »
Il fut stupéfait par cette réponse, mais devant le talent de la jeune femme, il n'avait pu refuser d'être son éditeur.

Après avoir soigné ses plaies, elle s'installa sur le canapé et posa sa tête. Là, elle ressentit comme un souffle froid caressant ses pieds, et sursauta. Pourtant très vite, la frayeur laissa place à la confiance. Elle savait ce que c'était, elle était sûre que c'était l'esprit de son mari Tristan qui venait la sauver de sa solitude et de son chagrin :
« Mon amour, je t'attendais, comment vas-tu ? Oh si tu savais à quel point tu me manques. Je ne suis rien sans toi, comment se peut-il qu'on t'ait arraché à moi ? »
Après quelques minutes de silence, elle eut l'impression qu'il lui répondait. Elle se sentit aimée et cela l'emplissait de joie. Tristan, voulait qu'elle le rejoigne et lui dit que sans elle auprès de lui, il ne pourrait trouver la paix, et ce fut tout.
Thania avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide mais chaque fois ce fut un échec : les médicaments, la corde, et même le pistolet n'était pas venu à bout d'elle. Elle ne savait plus comment faire. Lorsque l'esprit s'en alla, elle se mit à son ordinateur et écrivit de longues pages, comme si sa seule source d'inspiration était Tristan.

Le soir venu, elle prépara son somnifère, son couteau, l'alcool et ses bandages puis se coucha. Elle faisait ça sans le vouloir, sans même s'en rendre compte, comme si elle n'avait plus possession de son corps, comme si l'esprit qu'elle disait tant aimer était un manipulateur, un gourou qui faisait d'elle son pantin et dont elle ne pouvait se défaire. La mort pesait au dessus d'elle comme la clé de leurs retrouvailles. Plongée dans ses rêves, elle ne voyait plus que du rouge, des murs qui brûlaient et Tristan au milieu des flammes essayant de sauver les personnes prises au piège. Il l'appelait :
« Thania...Thania, viens avec moi, j'ai besoin de ton aide ! Thania ne me laisses pas seul ici, ou tous ces gens mourront, je mourrais ! Rejoins-moi, aide-moi, tu m'aimes ? Meurt pour moi. »
Une fois que tout était parti en fumée, un magnifique ciel bleu jaillit avec des nuages sur lesquels étaient inscrits des mots dans une langue inconnue. Elle se voyait, main dans la main avec Tristan, se baladant dans une prairie. Heureux, ils se racontaient leurs projets, et déchiffraient les inscriptions sur les nuages. Soudain, elle se réveilla, reprenant inlassablement son effrayant rituel : elle saisit son couteau, cria, pleura, elle avait mal et ça lui faisait du bien.
Prisonnière de ses pensées, incomprise de tous, elle n'en pouvait plus : elle n'arrivait pas à mourir, alors qu'elle le souhaitait affreusement et ne pouvait s'empêcher de se mutiler, obnubilée par l'image de Tristan. Mais elle ne supportait plus de vivre ainsi. Elle décida alors de se rendre chez un psychiatre. Elle lui expliqua toute l'histoire, c'était sa dernière solution. Elle voulait comprendre ce que signifiaient les marques sur ces bras, ce qui l'empêchait de mourir :
- Bonjour Mme Lusse, je vous en prie, installez-vous.
- Merci. Docteur Oliry, il faut que vous m'aidiez à tout prix, dit-elle en s'effondrant. Je n'y arrive plus...
- Vous n'arrivez plus à quoi faire ? Exprimez vous sans craintes, je suis là pour vous.
- Je suis veuve depuis deux ans maintenant, et je n'arrive pas à oublier mon époux. Il est encore présent, il me rend visite tous les jours depuis sa mort, et cela me réconforte profondément, mais... Je sais bien que vous ne voudrez pas me croire, vous êtes comme tous ces gens dont j'ai horreur, mais je vous en supplie, aidez-moi à trouver une solution. Vous êtes ma dernière chance, je ne serais pas venue si je n'étais pas désespérée. Sans vous, je suis condamnée à vivre, encore, sans rien pouvoir y faire.
- Je ferai tout ce que je pourrais ! Comment votre mari est-il décédé ? demanda le Docteur de manière tout à fait posée, comme si ce qu'il venait d'entendre n'avait rien d'étrange.
- Dans l'exercice de ses fonctions, il était pompier. Mais voyez-vous, c'est affreux, chaque nuit je rêve de lui, du jour de sa mort, et je l'entends qui m'appelle au secours, il me demande de venir avec lui, il compte sur moi, mais je n'arrive pas à le rejoindre. Puis je nous vois unis, plus heureux que jamais, dans un somptueux endroit où les nuages portent d'étranges symboles, symboles que je reproduis dès mon réveil sur mes poignets, avec la sensation de comprendre ce qu'ils veulent dire. Pourtant, passées quelques minutes, ils ne signifient plus rien pour moi. Tristan veut que je meure, je veux mourir, mais malgré toutes mes tentatives, je survis. Faites moi mourir, s'il vous plait.
- Bien, dit-il désorienté. Je pense qu'il faudrait vous garder quelques temps. Nous réussirons sans doute à vous aider si nous vous avons auprès de nous vingt-quatre heures sur vingt quatre. Faites moi confiance, faites confiance à la médecine.
A ces mots, le Docteur alla chercher une seringue.

Lorsque Thania se réveilla, elle se trouvait dans un hôpital d'un blanc éblouissant, effrayant ; elle était attachée à un lit et ne pouvait plus bouger. Elle ne se souvenait plus de ce qui lui était arrivé. Lorsque les infirmières vinrent la chercher, elle vit toutes sortes de personnes plus bizarres les unes que les autres. Certains disaient être des envoyés de Dieu, d'autres poussaient des cris et s'agitaient violemment, d'autres encore restaient bloqués dans un coin de la pièce, comme si leurs corps n'étaient plus habités par leur âme. C'est alors que Thania dit à l'infirmière qu'elle voulait partir, elle n'était pas comme eux, elle n'était pas folle, elle voulait juste mourir. Mais l'infirmière, trop habituée aux remarques de ce genre, ne répondit rien.
Depuis qu'elle était internée, les nuits de Thania n'étaient pas moins agitées. Mais, faute de couteau, elle se taillait avec des bris de verre qu'elle prenait soin de dissimuler avant que les infirmières ne viennent lui faire ses piqûres et lui donner ses médicaments. Lors de ses entrevues avec le psychiatre, elle n'avait aucune honte à montrer ses bras, et ils essayaient vainement de découvrir une signification aux messages. Le Docteur Oliry lui demandait souvent comment elle pouvait encore se tailler malgré la surveillance des infirmières, mais elle ne répondait rien, et il n'insistait pas. Elle avait beaucoup d'affection pour lui, elle se sentait en confiance lorsqu'elle lui parlait, comme s'il l'a comprenait, et qu'au fond il l'a croyait vraiment. Ce n'était pas son médecin, c'était son ami, celui qui allait réussir à la tuer. Pourtant, s'il l'écoutait, de manière calme et rassurante, à l'inverse d'autres psychiatres, il essayait non pas de l'aider à mourir mais bien de la sortir du danger qui pesait sur elle.

Tous les soirs, lorsqu'il rentrait chez lui, il faisait des recherches sur la signification des rêves et sur les symboles étranges qui y apparaissent parfois. Malheureusement, il ne trouvait rien qui ressemblait, ne serait-ce qu'un peu, aux marques de sa patiente. Il s'en voulait, il s'en voulait terriblement, car à force de passer du temps avec elle, le cher Docteur Oliry s'était épris de la jeune veuve. Il n'arrivait plus à penser à autre chose qu'à ses grands yeux noirs et profonds qui le pénétraient, le transperçaient au c½ur, demandant un peu d'aide, à son visage angélique marqué par la fatigue et les drogues, à sa chevelure soyeuse, brillante, à sa taille fine et à sa détermination. Elle était dévouée à son défunt mari, Oliry lui était dévoué. Petit à petit, l'amour devenant plus fort, il n'arrivait plus à distinguer la passion de la raison et se mit à croire ce qu'elle lui racontait, devenant aux yeux de ses collègues, un peu fou à son tour. Mais au fond, qu'importe, qu'elle soit folle ou non, tout ce qu'il souhaitait c'était l'aider à vivre, à oublier son mari, à la rendre heureuse. Il se mit lui aussi à l'écriture, en espérant que cela les rapprocherait davantage. Il peignait souvent de petits tableaux la représentant et pouvait passer des journées entières à les contempler en s'imaginant ce qu'elle était en train de faire.
De son côté, Thania avait eu une idée. Le seul moyen pour elle de découvrir ce que Tristan essayait de lui dire, c'était d'écrire ce dont elle se souvenait le matin à son réveil. Pour cela elle devait faire preuve d'un grand courage ; il lui fallait résister à la douleur et réussir à mettre sur papier ces mots qui n'avaient de sens pour personne. C'est alors qu'un matin, lorsqu'elle se réveilla, elle fit abstraction du mal qui la paralysait, et essaya, en même temps qu'elle taillait sa chair de signes absurdes en apparence, de taper leurs définitions, sur l'ordinateur qu'elle avait pu conserver, comme s'ils faisaient partie de sa dernière nouvelle. Ils représentaient des citations, des appels à la mort, mais cela restait encore trop flou dans sa tête pour qu'elle réussisse à comprendre ce que Tristan voulait d'elle. Alors, elle en parla avec le Docteur, lui disant qu'elle avait trouvé assez de courage en elle pour résister face à la douleur qui l'accablait. Ainsi, chaque jour elle avançait un peu plus, elle pourrait sans doute bientôt trouver ce qui l'empêchait de mourir, et elle se sentait fière. Seulement, le Docteur Oliry ne pouvait concevoir cela. Pourquoi n'avait-il pu décrypter les messages plus tôt? Ainsi, il aurait pu ainsi empêcher sa dulcinée de partir. Il lui dit qu'elle commettait certainement une erreur, la pression qu'elle portait sur ses épaules, les médicaments qu'on lui donnait devaient avoir un lien avec cette illumination soudaine, ce devait être son imagination. Il ordonna aux infirmières d'être beaucoup plus vigilantes avec elle. Il refusa qu'on lui laisse des objets qui pourraient l'aider à se tailler ; il supprima son ordinateur bien qu'il sache que c'était la seule chose dont elle avait vraiment besoin, et elle dut prendre des doses de calmants encore plus considérables. Thania était devenue comme ces autres malades, ces fous, presque incapable de parler, de penser par leurs propres moyens. Son regard était devenu vide mais sa volonté de mourir, elle, restait intacte. Elle en voulait au Docteur Oliry, ne comprenant pas son acte. Lui qui avait toujours était présent pour elle, qui paraissait vouloir l'aider à rejoindre Tristan, voulait aujourd'hui faire d'elle une aliénée, un animal en cage. Elle n'avait plus aucune confiance en lui.
Le Docteur Oliry se sentait plus en confiance maintenant que rien ne pouvait arriver à Thania. Il était devenu complètement obsédé par elle. Plus les jours passaient, plus son amour pour elle grandissait, plus il devenait fou. Elle ne pouvait plus mourir, c'était un fait pour lui, mais elle ne se sentait pas mieux. Il l'a voyait, droguée, et ça lui faisait de la peine. Pourtant il avait au fond de lui une force qui l'empêchait de revenir sur sa décision. C'était devenu un être égoïste, possessif, agressif, qui faisait souffrir ces patients tant il se moquait de ce qu'ils pouvaient ressentir, il ne s'intéressait plus qu'à lui, à elle. Et il buvait, énormément, comme si l'alcool était devenu sa seule échappatoire, plus personne dans le service ne le comprenait. Son supérieur dut le renvoyer tant il était devenu une loque incompétente.
Il dit au revoir à Thania qui ne le reconnaissait même plus et le regardait avec un sourire niais. Il ajouta qu'il comprendrait qu'elle lui en veuille, mais qu'il avait fait tout cela sous l'emprise de ses sentiments, de son amour pour elle. Il était devenu stupide, stupide comme tous ces gens qui croient que l'amour est bon pour l'espèce humaine et qui en font un principe de vie, devenant des êtres égoïstes qui ne pensent plus qu'à leur bonheur sans penser à celui de la personne aimée. Trop dépendants d'elle, ils la tuent petit à petit. Cet amour qui pousse parfois à faire des choses invraisemblables quitte à ce que la douleur soit la première règle de ce jeu dangereux. Oliry partit, emmenant avec lui une copie de la nouvelle que Thania avait commençait à écrire depuis qu'elle était internée.

Dès le lendemain, le psychiatre qui remplaçait Oliry dans le suivi de Thania décida qu'il n'était pas nécessaire de lui donner tant de médicaments, puisque dans les compte- rendus qu'il lui avait laissé, il n'était question d'aucune folie mais seulement de dépression nerveuse.
Lorsque Thania revint à son état normal, elle retourna à ce qui était son quotidien depuis longtemps déjà, et ayant récupéré son ordinateur, repris l'analyse des marques. Puisqu'elle n'avait pu se mutiler pendant un certain temps, les symboles venaient plus nombreux qu'avant, et elle arrivait à présent à se faire une idée de ce qu'attendait Tristan. De son côté, Oliry lisait avec beaucoup d'attention les essais de Thania, et réussit à trouver la solution au problème de la jeune femme. Le travail qu'il avait effectué sur lui-même depuis son renvoi lui avait permis d'être plus raisonnable. L'idée que son bonheur n'était pas d'être avec Thania mais bien qu'elle, et elle seule, soit heureuse était devenue évidente. Il décida donc de l'aider à mourir.

Ce jour là, Thania écrivit son dernier message. Elle invoqua Tristan et lui dit qu'elle savait enfin ce qu'il voulait. Il l'a remercia. Cependant, il allait être difficile de se suicider enfermée dans un asile. Elle marcha longuement, son regard était devenu encore plus sombre, les morceaux de verres plantés dans un de ses bras ruisselant d'un sang plus rouge que jamais, elle faisait peur à voir. Les infirmiers essayaient de la saisir mais elle était si déterminée, qu'ils ne réussirent pas. Elle se sentait bien, mieux que jamais, elle allait enfin réaliser son rêve, elle en était persuadée. Ce n'était plus qu'une question de minutes à présent. Elle se dirigea vers les cuisines, renversa les plateaux au sol et se saisit d'un couteau qu'elle enfonça tout doucement, comme si cela rendait la mort plus douloureuse, dans le c½ur de celui qui tentait de lui injecter un sérum pour l'endormir.
Elle était paisible, ne ressentait plus de colère à l'égard de ceux qui l'entouraient, bien décidée à les quitter, enfin. Saisissant une boîte d'allumette, elle chercha de l'alcool pour que le feu, son libérateur, prenne plus vite. Mais en vain. Tout à coup, elle vit au loin le Docteur Oliry qui avait dans sa main un jerrycan rempli d'essence. Il s'avançait vers elle, et elle entra dans une colère noire, le menaçant de le tuer s'il s'approchait de trop près. Mais il s'approcha encore, toujours plus près :
« Je viens t'aider, la mort est ton seul moyen d'être heureuse, je l'ai bien compris. Reste là, je te brûlerai moi-même. »
Sans rien répondre, le regard illuminé comme pour le remercier, elle lui tendit les allumettes. Elle pouvait enfin retrouver son cher Tristan qui ne souhaitait qu'une chose pour se prouver qu'elle l'aimait vraiment : qu'elle soit capable de mourir dans les mêmes conditions que lui. Alors, les verres plantés dans le bras, l'essence recouvrant son corps frêle, elle brûla d'une manière somptueusement horrible. La lumière jaillissait du brasier et Oliry s'éloignait doucement, une larme coulant sur sa joue. Il ne se retourna pas, laissant là l'amour de sa vie, avec une certaine satisfaction. Une odeur âcre avait imprégné la cuisine, le feu s'était éteint, les cendres s'éparpillèrent au sol par un léger souffle glacial.
Quelques jours plus tard, tout redevint comme avant. La défunte ne manquait à personne et s'en moquait bien. Oliry avait récupéré son poste. Elle pouvait à présent se balader main dans la main avec Tristan, heureuse à nouveau, dans la prairie sous le ciel bleu, le jardin d'Eden était à eux.




# Posté le dimanche 03 août 2008 12:31

Modifié le jeudi 09 avril 2009 11:27

^^

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Vivement la Détente

# Posté le samedi 06 septembre 2008 13:43

Modifié le jeudi 30 avril 2009 15:36